Ride The World !
9avr/1149

Envoi de la moto vers l’Europe

Bogota (Colombie), dernière étape du voyage. Tous les voyageurs sont invités à descendre du train. Je rentre donc en France.

J'avais pensé initialement à vendre la moto ici, car en France une telle moto a plus de 80.000km est invendable, et il vaudrait encore mieux la vendre pièce par pièces ou accessoires par accessoires. En fait au tout début du voyage j'imaginais qu'une fois l'Afrique et l'Amérique latine traversées, la moto serait une ruine. C'est très loin d'être le cas.

Finalement j'ai décidé de ramener la moto en France pour différentes raisons :
- l'Automobile Club de France ne réponds pas à mes questions pour savoir si je récupérerai la caution (17.500 EUR tout de même!) dans le cas où je vendrais la moto sur place
- J'ai promis à Touratech de participer à leur week end portes ouvertes début juin avec la moto équipée
- Pour de prochains grands voyages ou pour rouler en duo, la moto est toujours au top

Pour ramener la moto, il y a deux options : l'avion (cher, rapide et généralement sans soucis) et le bateau (lent, deux fois moins cher, et souvent source de tracas aux ports de départ et d'arrivée). Je n'ai pas besoin de la moto immédiatement donc logiquement je devrais l'envoyer par bateau dans un container. Mais l'idée de me retrouver dans le TGV Paris Pau, le casque à la main et le sac Touratech sur l'épaule me déprime. Je finirai donc le voyage sur la moto, et j'arriverai chez mes parents et à Toulouse à moto. J'envoie donc la moto en avion.

La procédure est globalement la même que pour l'envoi d'Afrique du sud à l'Argentine, décrit en détail ici.

J'envoie des demandes de devis à presque tous les agents de transports locaux dont la liste se trouve ici

Je sélectionne les devis les moins chers et les agences qui me semblent les plus sérieuses. J'en retiens deux :
Lyncargo (contact : Veronica) et Samarkandra (contact : Karen)

Je fais finalement affaire avec Samarkandra. Ils s’occupent à priori de tout, et ils envoient 2 ou 3 motos par an ainsi, mais il faut être avec eux, entre autre pour les étapes de fabrication de la boite, de douane, d'inspection par la police anti-narcotraffic... Au final, ils sont plein de bonne volonté, mais ne savent pas trop comment faire et m'appellent tous les jours pour un renseignement, une photocopie, un rendez-vous... Celui qui m'emmène pour mettre la moto en boite m'assure que je vais payer au poids et non au volume et que donc ça ne sert donc à rien de démonter la moto. En fait, il ne sait pas faire les calculs pour convertir le volume en poids, et c'est moi qui doit lui montrer comment faire le calcul. Il m’emmènent chez des notaires pour faire des copies certifiées conformes de toutes les pages du passeports et autres documents.... mais ça ne servira à rien. Ils ne connaissent pas le fonctionnement du carnet de passage en douane. C'est pourtant une excellente idée de l'utiliser quand on en a un, car l'affaire des douanes est résolue en quelques minutes alors qu'habituellement, avec les papiers d'importation classique, cela peut prendre une journée et coûter cher.

Combien cela coûte t-il d'envoyer sa moto sur un autre continent? Tout compris, cela m'a coûté 1350 EUR. Si j'avais envoyé la moto un mois plus tôt, avant le prétexte de la guerre civile Libyenne pour augmenter le prix des carburants, cela m'aurais coûté au moins 100 EUR de moins. Ce prix n'est en aucun cas l'affaire du siècle, mais me parait correct. C'est deux fois et demi plus cher que le billet d'avion pour moi, mais ça pèse 4 fois plus lourd.

Pour le tarif, il y a une partie fixe (frais de communication, fabrication de la boîte, transport à l'aéroport, passage des douanes, etc...) et une partie proportionnelle au poids/volume. Dans mon cas, il y avait environ 1/3 du prix lié à des frais fixes, et 2/3 proportionnels au poids/volume.

Le prix depend donc du poids et/ou du volume de la manière suivante :
On prend le volume en m3, et on considère que chaque m3 pèse 167kg.
Cela donne un "poids volumique".
On compare cela au poids réel, et c'est le plus grand des deux qui sert pour le devis.

Dans mon cas, la caisse finale faisait 206 x 76 x 127 cm, soit presque 2 m3, soit un poids volumique de 332 kg.
Le poids réel était lui de 350 kg (moto + bagages + poids de la caisse).
Il ne servait donc à rien d'essayer de faire une caisse plus petite.

Au final, Samarkandra est une adresse à prendre en compte pour un tel envoi Ils s’occupent aussi des envois par bateau, beaucoup plus complexes administrativement. Mais je ne les recommande pas spécialement pour autant, entre autre à cause d'un certain manque de profesionalisme, et de certains postes de la facture qui augmentent de 10 ou 20 USD à certaines étapes, voire même 150 USD ajoutés à la facture finale "par erreur"). Je ne leur ai pas demandé de ristourne en échange de pub ici, justement pour garder ma liberté. Le contact par email avec Karen est par contre excellent, en anglais comme en espagnol. A noter aussi à leur avantage qu'ils ont accepté sans problème d'envoyer la moto avant même de recevoir le paiement, et même sans aucune garantie que le transfert d'argent était lancé depuis ma banque. Cela permet de gagner du temps. Merci à Samarkandra.

Je recommande de contacter aussi Lyncargo, même si au final je n ai pas travaillé avec eux. Ils étaient initialement un poil plus cher, mais avec tous les ajouts de dernière minute de  Samarkandra, on se retrouve au même prix. Ce que j'ai apprécié avec Lyncargo, c'est que je leur ai demandé (comme aux autres) de me proposer la solution la moins chère, et Veronica m'a envoyé un comparatif avec des devis pour des envois à Paris, Madrid, avec 3 ou 4 compagnies différentes, les jours où il y a des vols etc.... bref une analyse complète qui m'a permis de décider : la Moto ira a Madrid (et moi avec) sur un vol d'Iberia Cargo.

J'ai envoye la moto la veille de mon vol a moi, pour être sur d'être encore sur place s'il y avait un soucis de derniere minute et pour que la moto soit disponible si possible dès mon arrivée a Madrid.

10h : mon avion atterrit
12h : je suis au guichet d'Iberia Cargo
14h : les papiers sont finis et la caisse est face a moi
16h : je roule a moto sur les routes d'Espagne.

C'est un super sentiment d'arriver en avion et de repartir de l'aéroport directement sur sa moto. Le voyage continue.

3avr/1116

Chévere Colombia

Il ne faut surtout jamais lire les recommandations du site du ministères des affaires étrangères avant de partir dans un pays, sinon, on finit scotché devant sa télé chez soi. Goodie, qui nous avait hébergé au Kenya, et qui bosse a l'ONU depuis longtemps, me confirmait que les rapports des entités à l'étranger sont toujours plus alarmistes que la situation réelle, de manière à justifier leur présence sur place et leur budget. Et puis la Colombie, j'y étais déjà il y a une bonne dizaine d'années, et j'en ai gardé justement un chouette souvenir. Il y avait effectivement un risque important avec les narcotraficants, mais ceux-ci sont dans la foret, à des endroits où les touristes n'ont de toute façon rien à faire. Pas de soucis, donc. A priori.

Oui, mais la, juste avant de rentrer en Colombie, j'ai des échos d'une personne vivant à Bogota, et qui recommande vivement de ne surtout pas s'arreter sur les 300km qui suivent la frontière, c'est à dire jusqu'à Popayan. La guerria s'y serait manifestée de facon violente il y à quelques jours.  Bon, je m'apprete donc à suivre les recommandations.

Oui mais voila, pour arriver à la frontière depuis Quito, en Equateur, il y a déjà pas loin de 300km. Grosse journée, avec pas d'arret photo donc.

Je me renseigne à la frontière et j'apprends qu'un gilet jaune fluo est obligatoire pour tous les motards à partir de 18h. L'assurance est aussi obligatoire, mais elle ne peut pas s'acheter à la frontière. Un douanier me donne une adresse où je pourrais l'acheter, dans la première ville traversée. Unefois remis en route, sans gilet et sans assurance, je trouve le point de vente, mais ils ne vendent l'assurance que pour 1 année complète. Il faudrait que j'aille voire l'administration des douanes et des impots de Colombie pour obtenir une dérogation pour n'avoir l'assurance que pour la durée voulue (1 mois). Bon, je repars bredouille. Des motards équatoriens rencontrés à la frontière m'ont indiqué un centre commercial dans la ville suivante pour acheter cette fameuse assurance. Lorsque je trouve enfin l'endroit, celle-ci m'explique qu'elle ne peut faire le document que pour les véhicules immatriculés en Colombie. Ca sent le roussi cette histoire. Ilcommence à etre tard, j'ai encore beaucoup de kilomètres à faire, et je reprends donc la route, cette fois ci avec un gilet jaune dans mon sac au cas ou j'arrive tard, mais toujours sans assurance. En théorie, il faudrait aussi que le numéro d'immatriculation dela moto figure en gros à l'arrière du casque! Me revoila donc en route à bonne allure, pour arriver avant la nuit... si possible.

De très nombreux militaires armés jusqu'aux dents surveillent le passage des véhicules, presque tous les 10km. Ils ne m'arretent jamais, mais au contraire lèvent le pouce en me voyant. A priori, ca n'est pas pour faire de l'auto-stop, donc je prend cela pour une sorte de salut auquel je réponds volontiers.

A un moment quand meme, deux personnes me font signe de m'arreter. Ils portent un pull vert/kaki avec un gros logo dessus, mais cela ne semble pas militaire pour autant. Comment faire la différence entre les militaires, les para-militaires, les narco-trafficants et les guerrioros? De l'autre coté de la route deux policiers, le fusil en bandoulière, regardent la scène d'un air très décontracté. Ceux qui m'arretent m'expiquent qu'ils travaillent avec le support dela police (d'ou leur présence juste à coté sensée me rassurer) et qu'ils font une collecte pour les enfants handicapés à cause des mines qui jonchent la campagne locale. La discussion ne dure qu'un instant, ils n'insistent pas et me revoila en route. Quand j'y repense, je me dis que je n'aurais pas du m'arreter...

17mar/1112

Rencontres équatoriales

Voila près de 3 semaines que je fais route avec Francis. Tout se passe pour le mieux, mais voyager a 2, c'est se renfermer sur notre groupe, et on est loin d'avoir la richesses des rencontres d'un voyage en solo. C'est pour cela que dès le début de l'organisation de ce voyage (il y a plus d'un an, déjà), je prévoyais et voulais voyager seul après avoir traversé l'Afrique avec Aurel. Bref, après notre première nuit en équateur, je dis a Francis que je désire reprendre la route seul, même si notre itinéraires et nos impératifs de date coïncident. Francis a la même conception du voyage que moi, et je n'ai pas besoin de chercher des justifications. Juste que voyager seul est un autre voyage, et il connaît cela tout aussi bien que moi. Bref, après une embrassade dans une station service, je file sur la route, toujours plus vers le nord, sans regarder mon guide pour connaître les endroits à visiter, mais bien décidé à profiter pleinement des rencontres.

Du coup, pour cet article, c'est la galerie de portraits des rencontre qui sert de fil rouge...

Je lui ai demandé plusieurs fois son prénom, mais je n'ai pas compris la réponse, donc je préfère ne rien mettre plutôt que de l'écorcher.

En entrant dans un village, trois petites enseignes proposent café et un plat que je ne connais pas. Voila une bonne occasion de prendre mon petit déjeuner pour goûter la pâte de maïs fourrée au fromage, et pour faire la connaissance de cette vendeuse souriante. Elle aime son travail, en tout cas. C'est sa mère qui cuisine et elle qui vend sur le bord de la route. Les routiers passent en klaxonnant, avec un clin d’œil ou un geste obscène. La seule chose qui la dérange dans tout cela, c'est qu'ils s'arrêtent rarement pour lui acheter ses produits. Moi, je ne fais que passer aussi, mais je repars avec le ventre bien plein.

La famille Ramirez sera une étape imprévue de la journée.

12mar/1118

Objectif Machu Picchu

Tous les touristes passent par le Machu Picchu, et pourtant, trouver la bonne méthode pour y aller n'est pas si simple. Après de longues discussions avec de nombreuses personnes, on a à présent une bonne idée des différentes options que je vais vous décrire rapidement pour que cela puisse servir à d'autres voyageurs.

Option 1 : La Classique : prendre le train depuis Cuzco jusque Agua Caliente. Cette ville n'est accessible qu'en train.
Ensuite prendre le bus, ou grimper plus d'une heure une grosse côte dans la poussière des bus jusqu'à l'entrée du site.
C'est la solution la plus classique, proposée a Cuzco, et le tour complet peut se faire en une journée en partant très tôt et rentrant très tard. Les tarifs proposés sont de 150 USD environ. On peut aussi passer la nuit à Agua Caliente qui propose plein d'hébergements pas forcément très chers en basse saison.

Option 2 : La sportive : suivre le chemin des incas. C'est une randonnée organisée de plusieurs jours à travers la montagne, qui passe près de sites incas à visiter, avec des cherpas pour porter les vivres. Le tout limité en nombre de visiteurs par jour, avec nécessité de réserver bien à l'avance et d'avoir un budget conséquent. Probablement une chouette option.

Oui, mais nous, on veut y aller le plus près possible avec la moto :

Le village accessible par la route le plus proche de Agua Caliente, c'est Santa Teresa, a plus de 200km de Cuzco. On va donc y faire étape pour voir avec les locaux comment accéder au site magique.

9mar/116

C’est Pérou qu’on va?

Le Pérou à présent!

Un douanier désirant se faire offrir le café nous retient un grand moment pour une sombre histoire d'assurance... du coup, on passe du temps à la frontière. Je sert de traducteur a un couple d'allemends en moto aussi, et puis arrive une Africa twin, dont le conducteur vient droit vers moi en me disant : "Salut, t'es Loic. Moi c'est Steph le Breton". C'est vrai que l'on avait échangé quelques mails et que Steph était justement en Bolivie ce dernier mois. Bref, une frontière avec plein de motos, de nouveaux potes et pas une voiture.

Avec francis, nous pensions aller à Arequipa, mais c'est la saison des pluies, donc finalement, on décide de filer directement, en deux petites journées, vers Cuzco. Steph hésite un instant, et décide de se joindre à nous pour tracer la route ensemble. Nous voila donc a 3 cette fois pour sillonner les routes Péruviennes.

Sur la route, on s'arrete dans les petits villages au fur et à mesure des fetes que l'on distingue. C'est très couleur locale, et ca ressemble à priori pas mal a la Bolivie.