Ride The World !
27fév/117

Voir Aimogasta et mourir

Les éloges n'ont de sens et de force que si l'on est capable de critique. C'est bien l'objet de cet article...

Je voudrais vous parler d'un petit village où j'ai fait étape : Aimogasta.

Ici, les jeunes femmes sont de véritables magiciennes acrobates. Elles ont des allures de top modèle. Non, pas vraiment pour un calendrier Pirelli, mais plutôt de bibindom Michelin au féminin. Peut être est-ce grâce à leur allure de culbuto, avec le centre de gravité placé très bas, qu'on a parfois la chance de les croiser sur leur superbes scooters chinois multicolores, le guidon dans une main, et le bébé de quelques semaines dans l'autre. De vrais acrobates vous dis-je. Les deux mains étant donc occuppées, elles ne peuvent prendre un casque au bras.
"Et la tête?" me direz-vous.
"Alouette", vous répondrai-je.

La proportion de gros ventres et de bébés est d'ailleurs inquiétante ici. C'est à croire qu'il n'ont plus la télé depuis plusieurs mois, pour avoir un tel taux de natalité.

Le GPS indiquait ici de nombreux hôtels et hébergements divers. L'office du tourisme a disparu avec son site internet, et a été remplacé par un office municipal des locations. Le ciel prenant la couleur du béton de la place centrale où les rares arbres tentent de faire de l'ombre aux détritus disséminés de-ci de là dans un bucolique désordre, je prefère quand même trouver un lit plutot que de planter la tente sous la pluie.

J'ai une préférence pour les hostels, car ils proposent généralement des lits bon marché dans des dortoirs, et que l'acueil y est plus chaleureux que dans les mornes hotels déprimants. L'Hostel du village, sur la place centrale, est tellement chaleureux que le grand paneau lumineux qui l'annonce a à moitiè fondu il y a quelques annèes, suite à un début d'incendie, et a gardé son alure diforme de barbatruc calciné.

Les autres petits hôtels ont ce que les guides touristiques appelleraient "le charme suranné des hébergements traditionnels simples et chaleureux d'un petit village pitoresque". En d'autre terme, ils sont glauques à mourir.

C'est décidé, la nuit se passera à l'Hotel Central. Un Hotel hors de prix à la facade luxueuse (c'est à dire propre) et au personel dévoué. Leur dévouement, en tout cas, je le devine simplement à leurs baillements perpetuels, signe d'une activité débordante pour rendre le client heureux. A mois qu'il y ait un lien avec la forte natalité?

Au petit matin, par la fenêtre de la chambre, je découvre 2 choses :
une formidable église du 21eme siècle, teintée couleurs gris souris (c'est à dire en béton armé), aux allures superbes de parking aérien;
et la pluie.

Tant pis, je file quand même, sans hésitation, en esperant que ca ne soit pas un mauvais coton.

Désolé, je n'ai pas pris une seule photo pour illustrer cet article. je vous offre donc simplement cette vue en plongée très éloignée.

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Commentaires (7) Trackbacks (0)
  1. Ressemble à une petite ville, mais rien d’inhabituel.

  2. Oulah…. un coup de blues Loïc ?
    Bon, je t’envoie plein d’horizons ennuagés des collines du Lauragais, moutonnant sous un ciel chargé de fin d’hiver, où le soleil joue à cache-cache avec les nuages, juste histoire de rendre la couleur de la Ganguise encore plus verte émeraude que d’habitude…. avec 7° au thermomètre et 0° ressenti au guidon….
    Bizzz bonne fin de voyage !

  3. Lyrisme et humour ? Ca compense la grisaille de cette petite ville qui semble bien terne.

    PS : Il semblerait que le bout du monde soit moins loin que l’Afrique du Sud puisque ta carte n’a mis que quelques semaines pour venir du pays du gel douche au lieu de quelques mois pour l’Afrique du sud. Conclusion, le bout du monde, n’est pas là où le disent les livres :-)

  4. Fun cet article, j’ai bien ri.


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